Consortium de recherche sur les bassins versants au Canada

Consortium de recherche sur les bassins versants au Canada

Réseau canadien de l’eau (2010 – 2016)

Consortium de recherche sur les bassins versants au Canada

Enjeu

Les activités humaines et les perturbations naturelles peuvent avoir des effets sur l’environnement qui s’accumulent au fil du temps. Au Canada, les processus réglementaires conçus pour prévenir ou atténuer les impacts ou effets néfastes ont souvent été centrés sur l’évaluation au cas par cas des répercussions environnementales des projets. On reproche à cette démarche de ne pas tenir compte des impacts synergiques et cumulatifs sur l’environnement (Dubé, 2015; Duinker et Greig, 2006). L’évaluation des effets cumulatifs (EEC) englobe la surveillance, le suivi et la prédiction des changements environnementaux qui s’accumulent au-delà du cadre de tout projet individuel (Dubé, 2015). Cependant, il s’est avéré difficile de surveiller et de prédire les effets cumulatifs de façon constructive et réalisable.

Projet

Le Consortium de recherche sur les bassins versants au Canada a été créé après plusieurs années de discussions avec des organismes et des décideurs d’un bout à l’autre du pays. Ces consultations ont permis de cerner la nécessité commune de développer des cadres de surveillance plus efficaces et uniformes qui permettraient :

  • de mieux comprendre les effets au-delà de projets précis;
  • d’améliorer l’efficacité de la surveillance
  • de fournir une base régionale pour aborder les questions préoccupantes.

Produits

Le Réseau canadien de l’eau (RCE) a lancé le Consortium en 2010 pour que des intervenants et décideurs locaux puissent rencontrer des chercheurs de pointe au Canada et ensemble développer des cadres de surveillance à l’échelle régionale qui pourraient soutenir la prise de décisions relatives aux évaluations des effets cumulatifs (EEC) et à la gestion du bassin versant.

Les premiers projets pilotes ont été entrepris dans le port de Saint John au Nouveau-Brunswick, où un programme antérieur de recherche avait généré une mine de données historiques et où d’importants projets de développement avaient été proposés. Une fois ces projets mis sur pied, le RCE a publié un appel de déclarations d’intérêt pour la création de pôles additionnels de recherche sur les bassins versants. Ce processus a permis d’identifier des partenaires régionaux qui avaient des besoins communs en matière de connaissances et qui étaient en mesure d’utiliser les résultats pour orienter leurs programmes de surveillance. Quatre nouveaux pôles de recherche ont été choisis dans les bassins versants suivants : la rivière Grand et la rivière Muskoka en Ontario, le détroit de Northumberland sur la côte atlantique et le ruisseau Tobacco au Manitoba. Un an plus tard, il y a eu ajout d’un sixième pôle, celui du bassin versant de la rivière des Esclaves et de son delta, dans les Territoires du Nord-Ouest. De plus, bien que non reconnu officiellement comme pôle du Consortium, un projet de recherche élaboré suivant le même modèle a également été entrepris dans le bassin versant de la rivière Murray, en Colombie-Britannique.

Avec le soutien du RCE, chacun des six pôles du Consortium a préparé un appel de propositions de recherche sur mesure en vue de répondre à ses propres besoins scientifiques pour l’élaboration d’un cadre régional de surveillance. Le RCE a administré et financé ces appels de propositions de recherche auprès d’équipes de recherche universitaires et multidisciplinaires, afin de formuler des recommandations pour de tels cadres de surveillance et de recueillir des renseignements de base en appui aux EEC. Les propositions reçues, en plus d’être soumises à un examen scientifique et technique pour en assurer l’excellence universitaire, ont été évaluées par des représentants des pôles pour s’assurer que les projets de recherche proposés étaient structurés pour répondre aux besoins précis du pôle.

Les pôles et les projets

Le RCE a réuni annuellement les représentants des six pôles pour qu’ils puissent comparer leurs résultats et leurs observations. À la fin des projets de recherche financés par le RCE, les représentants des pôles et les principaux responsables de la mise en œuvre (incluant les organismes provinciaux et fédéraux de réglementation) se sont rencontrés en mars 2016 pour réfléchir sur leurs enseignements collectifs dans le contexte plus vaste des autres activités entreprises au Canada afin d’améliorer les procédures d’EEC et des études connexes d’impact sur l’environnement. Cet atelier a permis aux groupes d’échanger leurs points de vue quant aux étapes les plus efficaces à suivre dans le développement de ce qu’ils ont reconnu comme étant des améliorations à la démarche de cadre de surveillance adaptative sous-jacente à toutes les diverses formes d’ECC pratiquées au Canada. Les principales leçons retenues des pôles du Consortium ont servi de point de départ aux discussions sur les possibilités d’élaborer des stratégies de surveillance qui soient adaptatives et économiques, autant au sein même des pôles que de façon plus générale dans l’ensemble du pays. Ces constats ont été publiés dans un rapport de synthèse sur les apprentissages du Consortium.

Résultats

Sur une période de six années, les contributions du Consortium à la communauté de pratique ont donné lieu à des façons plus uniformes d’aborder la surveillance, à une meilleure compréhension des conditions et de base et de leur variabilité, de même qu’à des modèles prédictifs et une gestion adaptative. Les apprentissages collectifs des pôles de recherche se sont traduits en recommandations importantes pour la conception et la mise en œuvre de cadres de surveillance des effets cumulatifs. Ces perspectives illustrent bien l’importance de ce qui suit :

Une compréhension commune : définir une terminologie commune, convenir de ce qu’il faut mesurer, et développer des méthodes uniformes de surveillance.

Des relations fondées sur le partenariat : réunir les partenaires tôt dans le processus pour soutenir la co-création de vision et de valeurs communes.

Une démarche locale : adapter les connaissances scientifiques aux contextes du bassin versant, à la capacité des partenaires et aux besoins uniques des collectivités et des décideurs. Aucun cadre unique ne peut répondre aux exigences des divers bassins versants.

Des avantages à valeur ajoutée : préciser les avantages concrets, incluant les économies, les efficiences et la crédibilité accrue des nouvelles méthodes de surveillance, pour en encourager l’adhésion. 

La mise en œuvre : relier les cadres de surveillance aux processus décisionnels. Adopter une approche par étape pour l’adoption de la démarche, et veiller à ce que des ressources à cet effet soient disponibles pour soutenir la surveillance à long terme.

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