L’accessibilité financière dans un monde en réchauffement : comment les services publics innovent pour accroître la résilience
Décembre 11, 2025
Bulletin trimestriel du Réseau canadien de l’eau (RCE) contenant les dernières nouvelles, des perspectives, et des réflexions de leaders d’opinion.

L’accessibilité financière est depuis longtemps une préoccupation centrale pour les Canadiens. Dans les années 1980, le débat portait sur les taux d’intérêt élevés ; aujourd’hui, c’est l’inflation qui est au centre des préoccupations, en particulier pour les services publics. Cependant, les solutions du passé ne permettront pas de résoudre les défis actuels. Tout comme un scientifique qui tente de reproduire une expérience dans de nouvelles conditions, les variables ont changé. Les stratégies économiques qui fonctionnaient il y a plusieurs décennies ne peuvent pas être simplement réutilisées. Aujourd’hui, le succès passe par l’innovation et l’intégration, en tenant compte des réalités climatiques. Aujourd’hui, le succès passe par l’innovation et l’intégration, en tenant compte des connaissances sur le changement climatique.
Concevoir des infrastructures adaptées à un climat en mutation
Les systèmes d’infrastructure et les services abordables doivent être conçus, fournis et discutés dans le contexte du réchauffement climatique de notre pays et de la planète. Pour y parvenir, plusieurs voies sont possibles : moderniser les normes de conception, mesurer les émissions et tirer parti de la dynamique existante, le tout renforcé par une collaboration entre les divisions et les départements.
Des approches innovantes en action
Un exemple notable nous vient d’EPCOR, qui a adopté une approche « One Water » (une seule eau) : briser les cloisonnements entre les services d’eau et d’eaux usées et reconnaître l’interconnexion des systèmes afin de maximiser les infrastructures existantes. Les nouvelles normes de conception d’EPCOR reflètent les nouveaux règlements municipaux en matière de zonage ainsi que la réalité actuelle d’une utilisation plus efficace de l’eau par les clients. Grâce à la modernisation des installations, cette approche a permis à EPCOR d’éviter la surconstruction d’infrastructures et les émissions inutiles. Elle a également contribué à créer un environnement adaptatif pour répondre aux besoins croissants en matière d’infrastructures d’approvisionnement en eau et de traitement des eaux usées.
Alors que l’approche d’EPCOR se concentre sur l’optimisation de la conception et de l’efficacité des infrastructures, d’autres services publics s’attaquent au problème sous un angle différent : la responsabilité en matière d’émissions. Consciente que la fourniture d’un service exceptionnel entraîne des coûts opérationnels et environnementaux, la région de Waterloo a donné la priorité à la transparence et à la prise de décision fondée sur des données. Pour y parvenir, la région de Waterloo a entrepris des efforts pour quantifier les émissions afin de servir de base à la planification des mesures d’atténuation. À l’aide de l’outil d’inventaire des gaz à effet de serre (GES) de l’Ontario Water Wastewater Association, la région a analysé les émissions au niveau des installations afin de hiérarchiser les investissements. Grâce à des mesures dynamiques et à une connaissance approfondie des institutions, deux installations, les stations d’épuration des eaux usées de Mannheim et de Greenbrook, ont été identifiées comme ayant les émissions les plus élevées par volume d’eau traitée. Cette information permet à la région de prendre des décisions éclairées sur la réduction des émissions liées à l’utilisation et au transport de produits chimiques.
S’appuyant sur cette approche axée sur la responsabilité en matière d’émissions, d’autres régions combinent l’atténuation des changements climatiques avec des stratégies d’accessibilité financière. La région de York offre un exemple convaincant de la manière dont les services publics peuvent intégrer l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables à des technologies innovantes afin d’obtenir des avantages tant environnementaux qu’économiques. Depuis 2014, la région de York a intensifié ses efforts grâce à son plan de conservation de l’énergie et de gestion de la demande, axé sur la surveillance et la réduction de la consommation d’énergie. Une étape importante dans cette démarche est le projet Markham District Energy, le plus grand système de transfert d’énergie à partir des eaux usées au monde. En captant la chaleur du réseau d’eaux usées de la région de York et en la convertissant en énergie thermique renouvelable pour le chauffage et le refroidissement des maisons et des entreprises, le projet devrait permettre d’éviter 30 kilotonnes d’émissions de CO₂e par an, émissions qui résulteraient autrement de la combustion de gaz naturel, tout en créant une nouvelle source de revenus pour le service public.
La collaboration comme catalyseur
Ces exemples tirés d’EPCOR, de la région de Waterloo et de la région de York illustrent comment les services publics innovent pour trouver un équilibre entre l’accessibilité financière, la durabilité et la résilience climatique. Cependant, aucune organisation ne peut relever ces défis seule. Les progrès s’accélèrent lorsque les connaissances sont partagées et les solutions élaborées conjointement. C’est pourquoi le Réseau canadien de l’eau (RCE) rassemble les services publics d’eau et leurs partenaires au sein de communautés de pratique, des forums de discussion collaboratifs conçus pour échanger des idées, examiner des stratégies et réduire les émissions.
Tout au long des mois d’octobre et de novembre, RCE a réuni des services publics, des universitaires, des organisations à but non lucratif et des leaders d’opinion afin de favoriser la collaboration et d’accélérer les progrès. Le RCE a organisé cinq sessions virtuelles de la Communauté de pratique. Pour les services publics qui entament leur parcours de réduction des GES, nous avons organisé des sessions sur le lancement du parcours vers la carboneutralité en eau (NZW), l’examiner de la rentabilité de la carboneutralité en eau et la découverte de la valeur et des opportunités liées à la réalisation d’inventaires des GES. Pour les services publics plus avancés, nous avons organisé deux sessions sur la surveillance et la mesure des émissions fugitives de GES de catégorie 1 avec des experts menant des recherches et des projets majeurs à travers le pays.
En personne, le RCE a rencontré ses pairs du secteur lors de la conférence de la National Water and Wastewater Association à Victoria. La conférence a été l’occasion de mettre en avant les contributions canadiennes en matière de décarbonation et d’innovation. Au cours de l’événement, le RCE a organisé un atelier collaboratif avec la ville de Toronto, Metro Vancouver et la Fédération canadienne des municipalités (FCM) afin de promouvoir des solutions pratiques pour une gestion de l’eau respectueuse du climat.
Participez à la conversation
C’est le moment de vous joindre à la conversation, alors que nous examinons les nouveaux enjeux et les possibilités d’atténuation. Les communautés de pratique du RCE sont ouvertes aux services publics qui cherchent à faire progresser des stratégies respectueuses du climat dans notre réalité économique actuelle. En participant, vous aurez accès à une expertise partagée, à des outils pratiques et à des possibilités de collaboration qui accélèrent les progrès. Ensemble, nous pouvons construire des réseaux d’eau résilients, abordables et durables pour l’avenir. Pour en savoir plus sur la façon dont vous pouvez vous joindre à nous, visitez le site web du RCE.












