Retour sur Blue Cities 2026
juin 24, 2026
Bulletin trimestriel du Réseau canadien de l’eau (RCE) contenant les dernières nouvelles, des perspectives, et des réflexions de leaders d’opinion.

Une fois de plus, Blue Cities s’est imposé comme LE rendez-vous incontournable des décideurs de haut niveau du secteur de l’eau au Canada pour nouer des contacts, renforcer les relations et partager leurs points de vue et leurs solutions. Les 9 et 10 juin, Blue Cities 2026 a examiné le thème « Sécurité de l’eau : stratégies pour la résilience financière et infrastructurelle » à l’hôtel et complexe Château Cartier de Gatineau. La conférence a attiré plus de 200 participants, dont 75 % étaient des décideurs de haut niveau (tels que des DG, des directeurs exécutifs, des associés et des directeurs généraux), et 23 % occupaient des postes de gestion.
L’événement s’est ouvert par une cérémonie de l’eau, reflétant l’engagement du RCE à dialoguer avec les peuples autochtones. Irene Compton, cofondatrice du Minwaashin Lodge, a présidé la cérémonie et donné le ton à la conférence.
Nous avons ensuite entendu Peter Weltman, vice-président du Conseil canadien des infrastructures, qui a partagé ses réflexions sur la première Évaluation nationale des infrastructures du Canada, publiée en novembre 2025. Il a mis en évidence non seulement la situation actuelle, mais aussi les lacunes critiques en matière d’information auxquelles nous devons encore remédier. Ces lacunes sont importantes, en particulier lorsqu’il s’agit d’établir les priorités d’investissement et de garantir des systèmes résilients et durables pour les générations futures.
Nous avons également entendu Mark Fisher, président de l’Agence de l’eau du Canada. Il a expliqué que, même si le Canada est depuis longtemps considéré comme un pays riche en eau, l’abondance n’est pas synonyme de sécurité de l’approvisionnement en eau. C’est pourquoi il est dans notre intérêt national de travailler ensemble pour élaborer des solutions durables à nos vulnérabilités les plus pressantes en matière d’eau.
Tout au long de la conférence, les sessions ont abordé des sujets d’actualité — du financement privé des infrastructures publiques à la réutilisation de l’eau, en passant par la croissance du parc immobilier dans un contexte d’incertitude et la valorisation des eaux usées. Ensemble, ces discussions mettent en évidence plusieurs enseignements clés :
- Le défi auquel le secteur est confronté pour mettre en place des infrastructures ne peut plus être mesuré uniquement en termes de déficit de financement : il porte également sur la capacité de mise en œuvre. Au fil de nombreuses sessions, le message qui est ressorti est que le vieillissement des infrastructures, les pressions liées au logement, les exigences climatiques et la croissance industrielle augmentent tous l’ampleur des investissements requis. Mais la contrainte majeure réside dans la question de savoir si les services publics et les gouvernements disposent des données, de la gouvernance, de la main-d’œuvre, de la coordination et des modèles de mise en œuvre nécessaires pour transformer les plans en projets.
- Pour prendre de meilleures décisions, il faut mieux intégrer les données, la planification et les institutions. Un thème récurrent a été que l’on obtient de meilleurs résultats en reliant la planification des infrastructures à l’aménagement du territoire, au financement, à la réglementation, à l’exploitation et aux risques à long terme. Que le sujet porte sur la gouvernance, la planification adaptative, le logement ou les programmes d’investissement, la leçon commune était que la prise de décision en silos ne suffit plus. La collaboration est essentielle.
- La résilience doit devenir un principe de fonctionnement concret, et non plus seulement une aspiration à long terme. Les sessions consacrées à l’adaptation au changement climatique, aux infrastructures souterraines, à la cybersécurité et à la valorisation des eaux usées ont toutes abouti à la même conclusion : les systèmes prêts pour l’avenir se construisent dès aujourd’hui grâce à des actions concrètes, progressives et tenant compte des risques. Cela implique d’investir dans le bon état de conservation des infrastructures, de planifier de manière adaptative, de renforcer la redondance et la préparation, et de tirer parti des systèmes existants — sans attendre une certitude absolue.
- L’abondance de l’eau n’est pas synonyme de sécurité hydrique. Le Canada a besoin d’une stratégie de sécurité de l’eau harmonisée à l’échelle nationale, adaptée aux régions et mise en œuvre localement, qui considère l’eau comme un enjeu transversal et inter , lié à l’alimentation, au climat, aux infrastructures ainsi qu’à la résilience économique et environnementale — et non comme un dossier environnemental isolé. Nos défis pour l’avenir seront la gouvernance inclusive, la planification collaborative et adaptative à long terme, l’harmonisation des données et de la surveillance, ainsi que le leadership municipal en tant que facteurs clés. La plupart des Canadiens ressentiront la sécurité de l’eau au niveau du robinet de leur cuisine.
- La réutilisation de l’eau pourrait devenir plus acceptée, et nécessaire, à l’avenir. Le Canada a tardé à adopter la réutilisation de l’eau, compte tenu de l’abondance de son eau douce. Cependant, celle-ci pourrait servir d’outil stratégique pour accroître la capacité et l’alimentation, et renforcer la résilience. Les progrès dépendront de la mise en place de cadres politiques, de la confiance du public et de partenariats à long terme. Notre défi à l’avenir sera de mettre l’accent sur la diversification de l’alimentation, d’adapter la réutilisation à l’usage final, de combler les lacunes en matière de gouvernance et d’agir rapidement plutôt que d’attendre que des situations d’urgence se présentent.
- Le déficit de financement des infrastructures hydrauliques. Le recours à un financement mixte, alliant fonds privés et publics, peut être considéré comme un élément d’une stratégie financière permettant aux services publics d’eau de réduire ce déficit, mais uniquement s’il s’articule autour de l’accessibilité financière, de la responsabilité publique et de l’équité intergénérationnelle. Le défi à venir consistera à concevoir des modèles collaboratifs de financement et de mise en œuvre qui répartissent les risques de manière appropriée.
La conférence s’est achevée par une cérémonie de remise de prix qui a récompensé trois personnes pour leur leadership dans le secteur canadien de l’eau. Emily Zegers, de Toronto Water, a reçu le prix « Rising Wave ». Elvis Oliveria, de la région de Peel, a reçu le prix « Blue Impact ». Susan Ancel, d’EPCOR, a reçu le prix d’excellence pour l’ensemble de sa carrière. Félicitations à nos lauréats ! Vous trouverez plus d’informations sur les prix et les lauréats ici.
La prochaine conférence Blue Cities aura lieu en mai 2027. Pour ne manquer aucune actualité, abonnez-vous à notre newsletter.






















